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Centre du riz pour l’Afrique


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Savitri Mohapatra, Rédactrice (s.mohapatra@cgiar.org)

Avril-Juin 2003

Numéro 2

 

Le réseau ROCARIZ : Au centre de la toile pour la recherche 
et la vulgarisation rizicoles en AOC

“Lorsque les toiles d’araignées s’unissent, elles peuvent attacher un lion”. Ce vieux dicton africain peut être utilisé pour bien décrire le Réseau ouest et centre africain du riz (ROCARIZ). Le ROCARIZ aide à unir les différents fils des activités de la recherche et de la vulgarisation rizicoles en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), transformant les liens en un puissant système de mise à disposition des technologies.

“L’établissement de liens institutionnels, en particulier en Afrique, nécessite plusieurs années. Cependant, créé seulement en 2000, le ROCARIZ a fait d’énormes progrès en s’appuyant sur le mode de fonctionnement des Groupes d’action antérieurs couronnés de succès,” a déclaré Dr Sidi Sanyang, Coordinateur du ROCARIZ. “Aujourd’hui, il est reconnu comme un modèle pour la recherche et la vulgarisation rizicoles en AOC et la participation des SNRA a augmenté de 30% depuis sa création.”

Position avantageuse du ROCARIZ

La position avantageuse d’un réseau est très différente de celle d’un centre de recherche ou d’une agence de vulgarisation, et cette différence donne au réseau une perspective unique sur ce dont une technologie ou un système de dissémination pourra fonctionner ou non.

• Dans tous les projets ROCARIZ, il a été confirmé que de solides liens de recherche et de vulgarisation ainsi qu’une étroite implication des paysans dans la génération et la dissémination de technologies constituent des facteurs clés dans l’adoption avec succès des technologies améliorées.

• Puisque le manque de semences demeure le plus grand goulot d’étranglement au développement rizicole de la région, le ROCARIZ recommande que des systèmes de crédit soutiennent les paysans de sorte qu’ils deviennent des entrepreneurs de production de semences. A titre d’exemple, au Togo, un groupe
de paysans a produit récemment 37 tonnes de semences de 11 variétés améliorées de riz grâce à un système de crédit renouvelable.

• Le ROCARIZ a montré qu’il existe des opportunités de commerce inter-états de semences de variétés améliorées de riz entre le Sénégal et la Mauritanie et entre la Gambie, le Togo, le Bénin et éventuellement le Ghana. 

Outil inestimable pour la recherche et la vulgarisation rizicoles C’est précisément lors de la crise ivoirienne que l’on a senti l’importance du réseau lorsque les activités en partenariat de l’ADRAO se sont poursuivies hors de la Côte d’Ivoire grâce au ROCARIZ.

La visite de suivi organisée en septembre 2002 par le ROCARIZ et ses partenaires en Guinée, et qui a eu lieu malgré l’éclatement de la crise ivoirienne, a révélé quelques résultats intéressants sur le nouveau riz pour l’Afrique (NERICA) :

• Parmi les sept variétés de NERICA cultivées en Guinée, NERICA 3 est la variété la plus fréquemment cultivée dans plusieurs écologies. Avec des rendements avoisinant les 2–3 tonnes par hectare, NERICA 3 a acquis une popularité à cause de ses grains courts et gros.

• Les initiatives prises par chaque paysan dans la production et la distribution des semences de NERICA constituent un facteur important dans sa dissémination et son adoption dans le pays.

Servant à la fois comme promoteur des technologies appropriées et système d’alerte pour les chercheurs en leur fournissant un feedback instantané depuis les champs des paysans, le ROCARIZ est devenu un outil inestimable pour la recherche rizicole.

Par exemple, après avoir trouvé en Guinée des populations de Oryza glaberrima en disjonction dans certains champs paysans de NERICA 3 après 3–4 années d’exploitation, la visite de suivi a exhorté les sélectionneurs à éradiquer ce problème en appliquant les méthodes à-la-fine-pointe des recherches. Elle a aussi exhorté le programme national à s’impliquer entièrement dans le système de production de semence communautaire et à injecter dans le système des semences pures tous les deux ou trois ans.

Renforcement des capacités de recherche et de vulgarisation des SNRA

Le ROCARIZ s’efforce de renforcer la capacité des SNRA, en particulier dans les domaines avancés. En 2002, il a organisé des programmes de formation pour les participants des SNRA en biotechnologie, et en 2003 dans l’évaluation de l’impact. Il a aussi relancé un programme de visiteurstagiaire pour les SNRA.

Le ROCARIZ a financé 95 projets soutenus par de petites subventions de recherche dans 17 pays de l’AOC pour 2002-2003: 

• Au Burkina Faso, son appui à un projet a abouti au développement de trois variétés de riz interspéficiques qui conviennent aux bas-fonds pluvieux et aux écologies irriguées. Un travail similaire dans l’écologie irriguée du Mali a abouti à la sélection de trois lignées prometteuses qui sont tolérantes/résistantes au virus de la panachure jaune du riz (RYMV).

• Ses études ont montré que le phosphate naturel et les légumineuses comme cultures de couverture, testés en rotation ou en association avec le riz, ont accru significativement le rendement du riz par rapport à la parcelle témoin.

• Il apporte un appui à la Station de recherche de Rokupr en Sierra Leone, l’institution leader dans la sous-région en matière de recherche sur le riz de mangrove.

Le ROCARIZ est basé à l’ADRAO et est financé actuellement par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et l’Union européenne (UE) à travers le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF).

 


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